Un bilan régulier te dit comment tes athlètes récupèrent entre deux séances. Le problème, c'est qu'un bilan trop long finit ignoré. L'indice de Hooper est l'un des questionnaires les plus courts utilisés en préparation physique : quatre questions, trente secondes, et un chiffre que tu peux suivre dans le temps. Voici comment le construire, le lire et en faire un vrai outil de décision.
D'où vient l'indice de Hooper
Il a été proposé par Sue Hooper, Laurel Mackinnon et leurs collègues dans deux publications de 1995 : « Monitoring overtraining in athletes. Recommendations » (Sports Medicine, 20(5), 321-327) et « Markers for monitoring overtraining and recovery » (Medicine and Science in Sports and Exercise, 27(1), 106-112). En suivant quatorze nageurs de haut niveau pendant une saison de six mois, ils ont conclu que des notes subjectives de bien-être (sommeil, fatigue, stress, courbatures) offraient un moyen efficace de suivre le surmenage et la récupération, les marqueurs sanguins servant d'outil complémentaire.
Depuis, ce format à quatre questions est repris dans de nombreux sports collectifs et individuels, souvent sous le nom d'indice ou de score de Hooper.
Les quatre questions
Chaque question se note de 1 à 7. Dans la version d'origine, 1 est le meilleur état et 7 le pire :
| Question | 1 | 7 |
|---|---|---|
| Qualité du sommeil | très, très bonne | très, très mauvaise |
| Fatigue | très, très faible | très, très élevée |
| Stress | très, très faible | très, très élevé |
| Courbatures | très, très faibles | très, très fortes |
Le total va donc de 4 (tout va très bien) à 28 (tout va très mal). Plus il est bas, mieux l'athlète récupère.
Attention au piège de la première question : pour le sommeil, une note basse veut dire un bon sommeil. Si tu inverses le sens d'une seule question, le total ne veut plus rien dire. Écris la consigne en toutes lettres sous chaque question (« 1 = très bien dormi, 7 = très mal dormi »).
Quelle fréquence
Les études de référence utilisent un relevé quotidien, rempli le matin. C'est la version la plus fine, adaptée à une équipe ou à un athlète en préparation de compétition. En coaching en ligne, un bilan hebdomadaire est une alternative : moins précis sur les variations d'un jour à l'autre, mais plus facile à tenir sur la durée. Un bilan rempli chaque semaine vaut mieux qu'un bilan quotidien abandonné au bout de dix jours.
Choisis une fréquence et garde-la. Ce qui compte, c'est de comparer des mesures prises dans les mêmes conditions.
Comment lire le total
Il n'existe pas de seuil universel publié. Un athlète qui dort mal depuis des années aura toujours un total plus haut qu'un autre, sans être en surmenage pour autant. Une lecture individuelle, fondée sur l'écart de chaque athlète à sa propre ligne de base :
- Établis une ligne de base sur les trois ou quatre premières semaines, pendant un bloc d'entraînement normal.
- Surveille l'écart plutôt que la valeur : un total qui monte de plusieurs points au-dessus de sa moyenne mérite une question.
- Regarde la durée : une mauvaise semaine arrive à tout le monde, deux ou trois semaines d'affilée en hausse sont un signal.
- Lis le détail : un total qui monte à cause du stress seul n'appelle pas la même réponse qu'un total qui monte à cause des courbatures.
Quand le signal est là, les réponses possibles sont connues : alléger la semaine, décaler une séance intense, programmer un deload. Le détail des indicateurs de charge qui complètent ce bilan est dans Comment éviter le surentraînement.
Fixer un seuil d'alerte
Si tu suis beaucoup d'athlètes, tu ne liras pas chaque bilan en détail. Un seuil d'alerte te permet d'être prévenu seulement quand un total dépasse une valeur. Deux conseils :
- pars de la ligne de base de ton groupe, par exemple sa moyenne plus quelques points, et ajuste après un mois ;
- rends les quatre questions obligatoires : un total calculé avec une question sautée est incomplet, il ne doit pas déclencher d'alerte.
Le mettre en place dans Unbrokn
Unbrokn ne fournit pas de modèle de bilan tout fait : tu construis le tien, question par question. Pour un indice de Hooper :
- crée un suivi et ajoute quatre questions de type Échelle, de 1 à 7 ;
- associe chaque question à sa métrique (qualité du sommeil, fatigue, stress, courbatures) et indique que la meilleure réponse est la plus basse ;
- active le score total, donne-lui un nom (« Indice de Hooper ») et indique que plus bas = mieux ;
- si tu veux, fixe un seuil d'alerte : tu reçois une notification quand un athlète l'atteint, au plus une fois par athlète et par semaine, jamais sur un total incomplet ;
- choisis la fréquence (quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle) et active le bilan sur tes programmes.
L'athlète reçoit une invitation sur son accueil et un rappel. Tu retrouves le total sur chaque bilan et sa courbe dans l'évolution de l'athlète. Le pas à pas est dans l'article d'aide sur les bilans.
Ce que l'indice ne remplace pas
C'est un questionnaire subjectif. Il ne remplace ni un avis médical ni une conversation. Il sert à savoir à qui écrire en premier. Un total qui grimpe est une raison d'envoyer un message à l'athlète, pas une conclusion. Et côté données, ces réponses sont des données de santé : l'athlète donne son consentement avant de les saisir.
Questions fréquentes
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Tu peux, mais tu ne compares plus tes chiffres à ceux de la littérature. Garde l'échelle de 1 à 7 si tu veux t'appuyer sur la version d'origine.
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Tu peux ajouter une question sur la motivation ou une douleur, mais sors-les du total : l'indice de Hooper reste la somme des quatre questions d'origine.
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Il n'y en a pas d'universel. Pars de la moyenne de tes athlètes sur un mois normal, place le seuil quelques points au-dessus, puis ajuste selon les alertes reçues.