Maxime, 29 ans, est coach en force athlétique (squat-bench-deadlift) à Montpellier. Il encadre 80 athlètes en programmation en ligne et en suivi compétiteurs. Il raconte sa croissance.
Le plafond de verre
Pendant deux ans, je me suis retrouvé coincé à 30 athlètes. Pas parce que la demande n'était pas là, au contraire. J'avais régulièrement des messages sur Instagram de gens qui voulaient s'inscrire à ma programmation SBD. Je disais non.
Je disais non parce qu'à 30 athlètes j'étais déjà à la limite. Je passais mes soirées à programmer, à faire des tableurs, à renvoyer des PDF. Mes proches commençaient à me dire que je ressemblais à un zombie. Ma copine m'a demandé si je pouvais arrêter de coacher le samedi soir.
À chaque nouveau message d'un athlète intéressé, je ressentais un mélange de fierté (quelqu'un a trouvé ce que je fais sur Insta) et d'angoisse (je vais devoir encore sacrifier quelque chose pour faire rentrer ce client). Donc je disais non, en me disant que ce n'était pas le bon moment.
Le moment où j'ai compris
Un ami coach m'a dit un truc qui m'a marqué. Il m'a dit : "le problème c'est pas que t'as trop d'athlètes. C'est que ton système est manuel. Change le système, et t'en prends 50 de plus sans y penser".
Sur le moment j'ai été sceptique. Parce que mon système, je l'avais construit moi-même, et j'étais attaché à mes fichiers. J'avais peur qu'un outil tout fait ne colle pas à ma façon de travailler.
Mais j'ai testé. J'ai pris une plateforme qui me paraissait simple, j'ai recréé une de mes programmations SBD type. En une semaine je l'avais remontée, avec les blocs calibrés en pourcentage du 1RM qui se calculaient tout seuls pour chaque athlète. Avant, je calculais à la main pour chacun, à chaque fois que le PR changeait.
Ce que ça a changé
Le premier mois je suis resté à 30 athlètes. Je voulais roder le système, pas tout casser. Mais j'ai senti tout de suite la différence. Mes soirées se sont libérées. J'ai arrêté de fabriquer des fichiers à la main. Les paiements arrivaient tout seuls.
Le deuxième mois, j'ai commencé à dire oui. Doucement. 5 nouveaux athlètes. Puis 10. Puis 15. Sur 6 mois, je suis passé de 30 à 80. Je n'ai pas eu besoin d'embaucher. Je n'ai pas eu besoin de baisser la qualité de suivi. Le système absorbait la croissance à ma place.
Ce que je fais différemment maintenant
Je passe plus de temps à programmer, moins à gérer. C'est la différence essentielle. Avant, 70 % de mon temps c'était de l'administratif déguisé. Aujourd'hui, 70 % de mon temps c'est du vrai coaching : concevoir des cycles, adapter des programmes, répondre à des questions techniques, faire des vidéos.
Ce qu'on me dit souvent c'est que ma qualité de programmation a monté en flèche sur la dernière année. Ce n'est pas que j'ai appris soudainement. C'est que j'ai enfin du temps pour penser.
Le revenu, la question sensible
Je vais être honnête parce que c'est une question que plein de coachs me posent. À 30 athlètes à 45 € par mois, je gagnais environ 1 350 € par mois brut. À 80 à 45 €, j'en suis à 3 600 €. La différence, c'est que je vis correctement maintenant. Avant, coaching était mon activité principale mais pas mon revenu principal, je complétais avec des vacations.
Le truc que je n'avais pas vu, c'est que les coachs qui plafonnent à 30 athlètes ne plafonnent pas à cause d'une limite de marché. Ils plafonnent parce que leur système les plafonne. Change le système, et tu te rends compte que la demande est là, tu la refusais juste parce que tu n'avais plus de bande passante.
À ceux qui hésitent
Vous refusez peut-être des athlètes en ce moment. Pas tous, mais certains. Ceux que vous auriez pris si vous aviez 2 heures de plus par jour. Posez-vous la question : est-ce que c'est vraiment la demande qui manque, ou c'est mon système qui plafonne ?
Pour moi la réponse a mis 18 mois à venir. Si j'avais compris plus tôt, j'aurais récupéré 18 mois de vie. Je n'en veux pas à mon moi d'avant, il faisait au mieux avec ce qu'il voyait. Mais si je pouvais lui dire un truc, ce serait : change l'outil, garde le reste.