Un patient en réathlétisation, un sportif qui voyage, un coureur qui habite loin du cabinet : tous peuvent bénéficier d'un accompagnement à distance entre deux séances en cabinet. Ce suivi obéit à ses propres règles, cliniques, réglementaires et organisationnelles. Ce guide les passe en revue.
Ce que le suivi à distance peut faire
Trois usages s'y prêtent particulièrement.
La continuité entre deux séances. Tu vois un patient une fois par semaine. Les six autres jours, il a des exercices, des mobilités et du renforcement à faire. À distance, tu l'accompagnes sans qu'il revienne au cabinet.
La phase de réathlétisation. Après la phase aiguë, quand le patient sort de la rééducation proprement dite et entre dans le retour au sport, une grande partie du travail peut se faire en autonomie. La technique est acquise : l'enjeu devient la régularité et la progression.
Le suivi après la reprise. Une fois de retour sur le terrain, le patient peut garder un programme de prévention. Le distanciel est adapté à ce suivi d'entretien.
Ce qu'il ne remplace pas
Le distanciel ne remplace pas la séance en cabinet quand elle est indiquée : phase aiguë, bilan diagnostique, mobilisations manuelles, toute intervention qui demande un contact direct. Il complète, il ne se substitue pas.
Le cadre réglementaire
Secret professionnel et données de santé
Tes patients sont couverts par le secret professionnel, et leurs données de santé collectées pour la prévention, le diagnostic, le soin ou le suivi doivent être hébergées par un hébergeur certifié HDS dès que tu les confies à un tiers (article L. 1111-8 du Code de la santé publique, voir esante.gouv.fr). Cela concerne aussi les relevés de douleur, de symptômes ou les bilans recueillis à distance.
Unbrokn est un outil de programmation et de suivi d'entraînement. Ce n'est ni un dispositif médical ni un hébergeur certifié HDS : tes données de soins (diagnostic, bilan kiné, compte rendu, suivi des symptômes) restent dans ton logiciel de cabinet ou dans un outil certifié. Utilise Unbrokn pour la partie entraînement (planning, séances, vidéos d'exécution), avec l'accord de ton patient.
Le télésoin
Le télésoin, c'est-à-dire un acte de kinésithérapie réalisé en vidéotransmission, est pris en charge par l'Assurance maladie comme un acte en présence du patient, sous conditions : avoir réalisé un acte ou un bilan en présence du patient dans les douze mois précédents, faire le bilan initial en présentiel, et ne pas dépasser 20 % de ton activité annuelle en télésoin. Les actes qui demandent un contact direct ou un équipement absent chez le patient en sont exclus (source : ameli.fr). Le suivi écrit entre deux séances (programme, messages, bilans) n'est pas un acte de télésoin.
Organiser le suivi
Trois principes facilitent le suivi à distance.
Un programme appris en cabinet. Avant de passer au distanciel, fais réaliser chaque exercice en cabinet pour que le patient maîtrise le geste et sache calibrer son effort. Un exercice mal maîtrisé en présentiel ne s'améliore pas à distance.
Des créneaux de réponse fixes. Définis des moments dédiés aux retours patients, par exemple le lundi matin et le jeudi soir, et annonce-les. Le patient sait quand il aura une réponse, et tu protèges le reste de ta journée.
Une trame écrite consultable. Exercices, consignes, séries et répétitions, critères d'arrêt en cas de douleur : tout doit être lisible sans avoir à te demander. Sinon chaque doute devient un appel, et le distanciel perd son intérêt.
Le format des séances à distance
Une séance à distance n'est pas une séance de cabinet transposée. Elle est conçue pour être réalisée en autonomie, avec les contraintes du patient : matériel, lieu, temps disponible.
Durée : vise 20 à 40 minutes. Une séance courte s'intègre plus facilement au quotidien du patient. Si ton protocole demande 60 minutes par jour, découpe-le en deux sessions.
Matériel minimal : bandes élastiques, éventuellement un ballon. Un programme qui demande un équipement que le patient n'a pas risque de ne pas être réalisé.
Vidéos d'exécution : une vidéo courte (30 à 60 secondes) par exercice, qui montre la technique attendue. Sans support visuel, le risque d'exécution approximative augmente.
Critères d'arrêt : précise à quel moment le patient doit s'arrêter (douleur au-delà d'un seuil, apparition d'un symptôme donné). Il doit pouvoir décider seul.
Suivre la progression
À distance, tu ne vois pas le patient travailler : il te faut des signaux. Trois outils sont utiles, à recueillir dans un outil adapté aux données de santé (voir plus haut) :
- un bilan hebdomadaire court (5 à 7 questions) : séances réalisées, intensité de la douleur, qualité du sommeil, un ou deux indicateurs spécifiques ;
- une vidéo d'exécution envoyée par le patient toutes les deux semaines, pour valider la technique ;
- un indicateur fonctionnel concret à répéter : test de saut, temps sur un parcours, nombre de squats unipodaux.
Ces indicateurs permettent d'ajuster le programme sans attendre la prochaine séance en cabinet. Si la douleur augmente d'une semaine à l'autre, tu adaptes le programme dès le lendemain.
La tarification
Le mode de facturation dépend de la nature de l'acte.
Les actes de kinésithérapie réalisés en télésoin se facturent comme en cabinet, selon la nomenclature et les conditions décrites plus haut.
L'accompagnement hors nomenclature (programme de réathlétisation ou de prévention en autonomie, hors prescription) peut prendre la forme d'un forfait sur plusieurs semaines ou d'un abonnement mensuel. Pour fixer le montant, pars du temps réellement consacré à chaque patient (conception du protocole, ajustements, réponses) et du revenu horaire que tu vises.
Si tu es conventionné, vérifie auprès de ta CPAM ou de ton conseil de l'Ordre ce qui relève de la nomenclature et ce que tu peux facturer librement, et informe le patient du caractère non remboursable d'une prestation avant tout engagement.
Les limites à poser dès le départ
Un suivi à distance mal cadré devient vite une disponibilité permanente : messages le soir, le week-end, en vacances. Pour l'éviter :
- des horaires de réponse annoncés dès la première séance ;
- un canal de communication unique, défini avec le patient, plutôt que des messages dispersés à toute heure ;
- une durée de protocole définie à l'avance.
Ces limites protègent ton temps et aident le patient à s'approprier son programme.
Pour la partie entraînement (planning de réathlétisation, séances, vidéos d'exécution), découvre comment Unbrokn accompagne les kinés du sport, dans les limites décrites plus haut pour les données de soins.
Questions fréquentes
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Le télésoin en vidéo, oui : il est pris en charge comme une séance en cabinet, sous conditions (patient vu en présentiel dans les douze mois, bilan initial en présentiel, 20 % de ton activité au maximum). Le suivi écrit entre deux séances n'est pas un acte remboursable.
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Non. Unbrokn n'est pas un hébergeur certifié HDS. Garde diagnostic, bilans et suivi des symptômes dans ton logiciel de cabinet ou un outil certifié, et utilise Unbrokn pour la partie entraînement.
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Vise 20 à 40 minutes. Au-delà, découpe le travail en deux séances courtes.
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Avec un bilan hebdomadaire court, une vidéo d'exécution toutes les deux semaines et un test fonctionnel simple à répéter.